08 juin 2017 MAJ – Suspension de huit ans pour Gérard-Louis Robert

 

Installé au Québec depuis 1970, le coureur cycliste Français Gérard-Louis Robert s’est imposé au Championnat de France Masters qui se tenait du 18 au 20 juin au vélodrome de Roubaix, dans le Nord de l’Hexagone. Âgé de 66 ans, cet athlète était revenu dans son pays d’origine pour défendre à coups de pédales ses titres de champion de France sur piste aux épreuves du 500 mètres contre-la-montre, de course poursuite sur 2000 mètres, de course aux points et de course scratch.

Gérard-Louis Robert a ramené dans ses valises trois titres de champion de France et une médaille de bronze. « J’ai remporté la course poursuite sur 2 000 mètres en réalisant un temps de 2 minutes et 30 secondes. Ce chrono démontre dans quelle forme je suis puisque je me situe à deux secondes de mon record du monde de la distance », mentionne avec un brin de fierté Gérard-Louis Robert en entrevue à CyclePresse.

L’homme a également décroché les titres de vitesse du 500 mètres contre-la-montre et terminé en troisième position à la course scratch. M. Robert court dans la catégorie des 65-69 ans.

Depuis 2002, ce sportif qui montre une condition physique exceptionnelle a récolté 101 titres internationaux, dont 20 titres de champion du monde, et 10 titres de champion d’Europe.

Pourtant, à l’âge de 19 ans, le monde s’est effondré pour ce mordu de vélo destiné à une brillante carrière sportive.

« Un dimanche, je gagnais la course et le dimanche d’après je finissais à 10 minutes du peloton. Je sentais que quelque chose ne fonctionnait pas. Mon père m’avait alors demandé si je prenais des produits dopants. Je lui avais juré que non », raconte M. Robert.

Pour comprendre cette irrégularité, Gérard-Louis Robert passe une série de tests à l’Institut national des sports à Vincennes. Lors de ces examens, on découvre que cette graine de champion souffre d’arythmie cardiaque. « On constate une impulsion électrique trop forte sur le ventricule gauche qui déclenche une crise de tachycardie. Quand cela m’arrivait lors d’une course, je manquais soudainement d’oxygène. J’étais obligé de m’arrêter sur le bord de la route puisque je ne pouvais plus pédaler. Mon cœur pouvait se mettre à battre à un rythme de 275 pulsations par minute. Je devais alors patienter cinq minutes afin que mon rythme cardiaque ralentisse et se stabilise pour ensuite être capable de repartir », raconte Gérard-Louis Robert.

Ce diagnostic ruine en un instant tout espoir de poursuivre dans ce sport qui lui colle à la peau. « Le docteur Stephan qui était un spécialiste de l’arythmie cardiaque à l’Institut national des sports m’avait dit d’arrêter immédiatement le vélo. En 1967, on m’a retiré ma licence. J’ai été arrêté en plein vol », se souvient M. Robert.

À la suite de ce verdict sans appel, celui-ci décide de prendre le large en immigrant au Québec. Diplômé d’une école d’arts graphiques, il fonde une entreprise spécialisée dans la confection de décors destinés aux vitrines de grands magasins comme La Baie. « J’ai mis toute mon énergie dans mon entreprise pour oublier le cyclisme qui était à cette époque peu populaire au Québec ».

À 50 ans, le destin de Gérard-Louis Robert prend un virage majeur. Son médecin l’informe que le cardiologue Mario Talajic qui pratique à l’Institut de cardiologie de Montréal réalise des prouesses dans le domaine de l’arythmie cardiaque.

Cette rencontre est suivie d’une opération chirurgicale qui s’avère être un succès sur toute la ligne. M. Robert renoue avec la compétition et gravit rapidement tous les échelons de sa catégorie d’âge. En 2003, il remporte son premier titre mondial à l’épreuve du 500 mètres départ arrêté à Manchester au Royaume-Uni.

Entre cette époque et maintenant, il obtient 250 victoires et décroche 101 titres. Fort de ce palmarès prestigieux, Gérard-Louis Robert considère avoir bouclé la boucle. « Ce que je n’ai pas fait à vingt ans, je l’ai fait 30 ans plus tard. Aujourd’hui, je suis serein et en paix avec moi-même ».

Gérard-Louis Robert s’entraîne régulièrement sur route en parcourant des distances de 80 kilomètres pour conserver son niveau d’endurance. « Je m’entraîne jusqu’à 20 heures par semaine. Pour être champion du monde, cela prend un minimum. J’ai les mêmes programmes d’entraînement qu’un coureur d’élite », décrit-il.

Couronné à maintes reprises, M. Robert est déterminé à participer encore longtemps à des compétitions d’envergure internationale. « Je veux encore être champion du monde à 70 ans. J’ai une bonne génétique. Mon père a fait du vélo jusqu’à la fin de ses jours. Il est décédé à l’âge de 92 ans », termine ce sportif de haut niveau qui n’est pas près de raccrocher son vélo.

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