« Le ski backcountry est une passion pour moi parce qu’on se retrouve dans l’arrière-pays. Hors des sentiers battus. Ce qui implique qu’il faut s’y rendre : par hélicoptère, en chenillette (snowcat), en motoneige et même à pied avec les peaux synthétiques. »

– Pierre-Étienne Gagnon, 36 ans, guide de ski de haute montagne et d’héliski, Colombie-Britannique.

« C’est une sensation indescriptible que de devoir grimper patiemment, être au milieu de nulle part, comme au bout du monde, puis amorcer sa descente dans une pente vierge, non tracée, au cœur de paysages grandioses. »

– Jeff Rivest, 46 ans, représentant d’articles de sport, Cap-Rouge.

Le backcountry est un sport grisant. Quiconque a goûté à l’expérience est enflammé. Ça vous titille ? Vous en avez envie ? Voici ce qu’il faut savoir.

-Y a-t-il un nom français pour décrire votre discipline ?

Jeff : C’est le mot couramment utilisé. Personnellement, je préfèrerais qu’on emploie le terme ski de montagne. Ça définit mieux notre sport et ça trace un parallèle avec le vélo de montagne.

PE : En Europe, certains disent ski de haute route et d’autres emploient ski de randonnée. Au Québec, comme ski de randonnée est déjà utilisé, on préfère l’anglicisme.

– Ski de backcountry signifie-t-il automatiquement expédition extrême de plusieurs jours et camping d’hiver ?

PE : Absolument pas. Ça n’a aucun lien avec la durée de l’activité ou la complexité de l’objectif. Par contre, en étant dans l’arrière-pays, il faut être préparés à gérer nous-mêmes les risques associés à cet environnement.

– Qu’est-ce qui surprend le plus les débutants en backcountry ?

Jeff : Les skieurs alpins traditionnels ont tendance à trop se vêtir et après 30 minutes ils sont détrempés. Il faut plutôt s’inspirer du ski de fond pour ses choix vestimentaires, du principe du multicouche surtout, avec des produits techniques respirants. N’oubliez pas que 90 % de ce sport se pratique en montée.

– À quel point est-ce différent d’une sortie régulière dans une station conventionnelle ?

PE : C’est totalement différent ! Un skieur alpin se concentre sur la descente seulement, dans un environnement contrôlé. En backcountry, il est nécessaire de posséder une foule d’autres connaissances pour gérer la nature sauvage, complexe et en perpétuelle transformation.

Jeff : C’est distinct aussi selon les régions. Au Québec, les terrains de jeux sont en forêt ou dans les sous-bois, comme dans les Chic-Chocs, et un certain niveau d’habileté est requis. Dans l’Ouest et en Europe, par contre, on dévale de grands espaces au-dessus de la limite des arbres. Habituellement, c’est relativement facile même pour un skieur intermédiaire sans expérience.

PE : Aussi, je vous suggère d’être à l’aise pour évaluer les conditions changeantes de stabilité du champ neigeux, pouvoir prendre des décisions en fonction de nos observations, observer la météo, s’orienter adéquatement, avoir reçu une formation en premiers soins en région éloignée, etc.

L’équipement spécifique au backcountry est-il compliqué à maîtriser ?

Jeff : Vrai qu’il faut connaître le fonctionnement des bottes, fixations et peaux de phoques, mais ça s’apprend rapidement. Entourés de pros, vous allez bénéficier de petits trucs pour manipuler vos peaux synthétiques efficacement, sans perdre un temps fou. N’oubliez pas que nous sommes en plein air et non pas au chaud dans le confort de notre salon.

En conclusion, le backcountry est un sport grisant. Mais, à la lueur des commentaires émis par nos deux experts, on ne s’improvise pas. Un minimum de préparation, de formation et de connaissances s’impose non seulement pour sa propre sécurité, mais également pour celle des amis qui nous accompagnent dans l’aventure.

 

 

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