CHRONIQUE SKI EN FAMILLE

PAR NOTRE JOURNALISTE EN RÉSIDENCE: MARC G CARBONNEAU

On monte dans l’nord ! Pour moi, ces quelques mots ont toujours eu une résonnance particulière et, malheureusement, pas toujours positive. Bon, il faut mettre quelque chose au clair tout de suite, je suis un gars de la Rive-Sud (dixit Longueuil), élevé en majeur parti à Orford, dans les Cantons-de-l’Est, et j’habite encore du bon côté du coucher de soleil quand je rentre du travail. Du plus loin que je puisse me rappeler, les Laurentides, ou « le nord » pour les initiés, signifiaient inévitablement une sortie de ma zone de confort, un long trajet pour traverser la « grand’ville » et des kilomètres sur une autoroute différente de « mon autoroute 10 ». J’ai aussi eu, dans mon jeune âge, une altercation avec une chaise de remontée mécanique dans une station des Laurentides dont je tairais le nom, qui m’a laissé un goût amer en bouche (je suis très rancunier). Bref, ce n’est pas naturel pour moi de me lancer à l’assaut des montagnes qui ont fait la renommer des Laurentides et que certains comparent allégrement à un petit Vermont. Bien sûr, ma conjointe, fière représentante de Val-Bélair et de la région de Québec, n’a jamais pu comprendre les rancoeurs que peuvent se porter les habitants des deux rives et elle a tôt fait, dans nos aventures alpines, de me demander de cesser mes enfantillages et de l’accompagner dans la découverte de cette région qui, il faut le dire, offre une quantité appréciable de stations de ski. 

J’ai longtemps résisté en arguant le trafic de la 15, la grosseur des montagnes et même les sempiternelles mouches noires ( moins présentent en hiver par contre ) et ce n’est qu’avec l’arrivée des garçons dans le monde du ski que ma curiosité a fini par l’emporter sur la (ma) raison (lol). Mon argument principal, alléguant que les montagnes n’étaient pas assez grosses pour y avoir du plaisir, ne tenait plus nécessairement la route quand les enfants ont foulé les pistes les premières années de leur apprentissage. Leurs petites jambes et les dizaines de fois que je devais les relever sur leurs skis à chaque descente rendaient caduque les besoins d’une grosse montagne et j’étais plutôt content de me retrouver en bas de piste sans avoir à dévaler les 4 km de la célèbre piste du mont Orford. Bien que, je dois humblement l’avouer, nous n’avons pas vraiment exploré la région, si ce n’est que pour quelques escapades, et ce malgré le fait que les stations des Laurentides sont vraiment, pour la plupart, axées sur le ski familial.

C’est en partie pour ça que, depuis que nos aventures de ski en famille ont pris une allure journalistique grâce à mes aspirations « d’écriveux », nous avons décidé d’explorer davantage toutes les régions du Québec et les différentes montagnes, peu importe leur taille ou leur réputation. Comme ma femme aime bien le rappeler aux garçons, qui sont maintenant âgés de 13 et 11 ans, nous sommes des « chasseurs de montagne » et la région des Laurentides doit obligatoirement faire partie de notre tableau de chasse. C’est avec cette belle allégorie de conquérant que nous nous sommes retrouvés, lors d’une magnifique soirée de ski enneigée, sur les pistes de la station de ski sommet Olympia, une des stations du groupe Les Sommets, qui compte également dans ses rangs les stations Saint-Sauveur Gabriel, Morin-Heights et Edelweiss. 

D’entrée de jeu, on aperçoit le sommet Olympia directement de l’autoroute 15 puisqu’il fait contrepoids au sommet Saint-Sauveur, son frère le plus connu, et que les deux montagnes ne sont qu’à quelques minutes l’une de l’autre, chacun de leurs côtés de l’autoroute. Comme je l’ai déjà mentionné dans d’autres chroniques, le GPS est, pour se rendre vers une station de ski, un outil indispensable et cette recommandation prend tout son sens ici, puisque la route menant de l’autoroute à la station est sinueuse et traverse quantité de petites rues, certes magnifiques et bucoliques, mais qui ne rendent pas la tâche facile à quelqu’un qui ne connaît pas le coin. C’est, par contre, sur ce trajet qu’on comprend l’importance du ski pour la région puisqu’on a vraiment l’impression de se retrouver dans une station alpine, avec les chalets de styles suisses qui semblent s’être greffés tout naturellement au relief de la montagne. 

Une fois à la station, les indications sont plutôt brouillonnes et vous aurez l’option de stationner près du chalet principal ou de vous diriger vers le chalet secondaire, situé au fond du stationnement. Cette configuration n’est pas idéale, car, en plus des deux chalets, il y a une autre bâtisse pour le service à la clientèle et la billetterie, ce qui rend les choses un peu compliquées quand on débarque avec les enfants et qu’on cherche nos repères. Encore une fois, le tout semble fait avoir été mis en place pour les habitués de la station et non les jeunes familles, puisque la distance entre les chalets peut s’avérer pénible pour les parents qui trainent l’équipement des petits. Je suggère personnellement le chalet du fond, plus familial et accueillant, avec sa cafétéria, ses larges tables et ses espaces de rangement. Le chalet principal abrite quant à lui un resto-bar, somme toute attirant, mais je suis moins enclin à amener toute la famille dans les restos-bars de stations de ski, premièrement parce que je suis certes peu pingre ($), mais aussi parce que j’ai souvent l’impression de déranger la faune « après-ski » lorsque je débarque avec la famille dans ce genre d’endroit, surtout un vendredi soir !

Les prix sont dans les normes au sommet Olympia, mais je vous suggère d’acheter en ligne, car, comme c’est le cas un peu partout, les prix sont moins chers lorsqu’on utilise internet. Il existe des forfaits familiaux à partir de 109,99$ plus taxes pour deux adultes et un enfant (20$ de plus pour chaque enfant additionnel).  Comme toutes les stations des Laurentides, l’offre de service pour les familles et vraiment complète, allant de la garderie à la location d’équipement, en passant par les cours pour tous les niveaux de skieurs. 

Je crois que les dirigeants de la station sont quand même bien au fait qu’ils attirent principalement des débutants sur leurs pentes, mais, malgré tout, l’offre de piste au Sommet Olympia est variée et je me suis surpris à apprécier le dénivelé et à dévaler quelques belles pistes qui offrent un certain défi, surtout du côté gauche de la station, où un télésiège quadruple nous mène vers des pistes au nom évocateur comme l’aiguille de Piedmont ou Ti-Pitch. Xavier et Gabriel ont, eux aussi, semblé apprécier la diversité du terrain et ils ont pu effectuer quelques sauts en bordure de piste, sans danger et toujours sous le regard de leur mère, qui se plait à contempler leurs (petits) exploits en fermant souvent la marche derrière eux. Nous avons passé 4 heures d’une soirée parfaite au niveau de la température et des conditions et nous n’avons jamais eu l’impression d’une redondance dans nos choix de pistes. Il faut dire que le ski de soirée a toujours ce « je ne sais quoi » de magique et de relaxant, comme si on volait du temps à la quotidienneté. On sait que ça n’arrivera pas si souvent dans la saison que tous les éléments d’une bonne soirée de ski sont réunis, alors on savoure au maximum. En plus, le sommet de la montagne offre des points de vue fantastiques sur la région et sur les stations environnantes de Saint-Sauveur et du mont Gabriel qui éclairent elles aussi le ciel étoilé. 

En terminant, je me dois de vous avertir qu’il faut toujours faire attention quand on laisse ses skis sans surveillance à l’extérieur d’un chalet de ski. Alors qu’il ne restait pas beaucoup de monde à la station, je suis arrivé au chalet à la fin de ma dernière descente (que je fais toujours en duo avec Gabriel dans une sorte de tradition père-fils) et lorsque j’ai enlevé mes skis, j’ai aperçu du coin de l’œil un badaud qui s’attardait un peu trop à ma présence et qui me regardait de loin. Sans en faire un cas, je suis entré après avoir pris soin de séparer mes skis puisque je n’avais pas mon cadenas à skis sur moi. Après à peine 2 minutes à l’intérieur, j’ai demandé à mon grand de 13 ans (Xavier) de sortir, puisqu’il était déjà changé, et de  garder un œil sur nos équipements. Et bien, quand il a mis le nez dehors, l’homme avait un de mes skis en main et il cherchait le deuxième ski pour sa collection personnelle. Un cri strident d’ados en furie l’a fait déguerpir sans son butin et a causé tout un émoi dans notre famille. Une aventure qui aurait pu très mal se terminer et qui nous a gardés sur l’adrénaline tout au long de notre trajet de retour vers la maison. Une chance pour les Laurentides que mon grand a l’étoffe des héros, car ma rancune aurait été sans fin pour une région qui s’avère somme toute surprenante et très agréable à découvrir.

 

Votre journaliste en résidence,

Marc G Carbonneau