Chronique Ski en famille

par notre journaliste en résidence: Marc G Carbonneau

Une tempête de neige imposante alors que les décorations d’Halloween sont encore accrochées aux arbres devant la maison. Pour la plupart des pères de famille, ça laisse place à quelques superlatifs emblématiques de notre belle province. Mais pas chez les Carbonneau-Veillet, bien au contraire ! L’excitation d’une nouvelle saison de ski qui débute presque un mois plus tôt qu’à l’habitude est palpable depuis que les premiers flocons se sont déposés au sol. Sans vouloir se faire trop d’attentes à savoir si ceux-ci allaient demeurer au sol ou fondent sans laisser de traces, Xavier (13 ans) et Gabriel (10 ans) sont allés au lit en cachant, tant bien que mal, leur excitation. Je me doutais, par contre, qu’ils avaient déjà commencé à se visualiser entrain de dévaler les pentes lorsque j’ai compris que le plus vieux avait redirigé son écoute habituelle de youtubeurs à la mode vers des vidéos de Candide Thovex et autres sommités de la glisse (#ripjpauclair). Ce n’est que lorsqu’ils virent, le lendemain matin, l’accumulation d’une bonne couche de poudreuse devant la maison que leur excitation devint impossible à contenir. « Quand est-ce qu’on skie ? » et autre «  C’est (tu) ouvert ? » devint le mantra de la journée et malgré mes tentatives pour diminuer les attentes, j’avoue que je me suis surpris moi-même par mon désir d’enfiler les skis et de filer vers la première montagne ouverte, surtout lorsque ma femme Dominique s’est mise à sortir les sacs d’équipements et à vérifier si les bottes faisaient encore aux enfants, le message ne pouvait pas être plus clair.

Il faut dire que le début de la saison correspond aussi, pour les enfants, à nouveaux skis, puisque la poussée de croissance de l’été rend souvent obsolète la paire de skis de la saison précédente. Pour les familles, les détaillants de skis offrent des équipements en location pour la saison, justement pour contrer le fait que les enfants doivent changer aussi souvent leur équipement. Ça peut être une option intéressante pour ceux et celles qui ne veulent pas se casser la tête à magasiner et qui veulent être certains d’avoir les meilleurs ajustements pour leurs jeunes. Il faut compter entre 80 et 100 $ pour l’équipement complet ( skis, bottes, bâtons ) et puisque les équipements sont souvent donnés sur la base du premier arrivé, premier servi, je vous conseille de vous présenter assez rapidement en magasin (début octobre) si vous voulez obtenir le meilleur équipement, car les derniers venus auront sans contredit des équipements usagés plus usés et moins beaux esthétiquement (ce qui est plutôt important pour mes gars). Bien que je considère ce choix comme très viable et que la plupart de mes amis optent pour cette option, je préfère personnellement regarder du côté du marché de l’équipement usagé, à travers Kijiji ou Marketplace. J’ai un malin plaisir à éplucher les annonces classées afin de mettre la main sur « un bon deal » afin de surprendre mes gars avec des skis qui « lookent » et qui répondront aux besoins pour une ou deux saisons. Cette année, la demande était de trouver des skis de type « twin tips » pour qu’ils puissent continuer à pratiquer leur nouvelle passion des sauts, alors qu’ils continuent tous les deux à chercher le plus beau snowpark de la province. Bien que l’offre de skis twin tips usagés, soit plutôt limitée, j’ai réussi à dénicher deux paires en super bon état pour un prix raisonnable, soit entre 60$ et 80$ la paire. Si on considère que j’ai vendu les skis de l’an passé pour 60$,  mon investissement reste minimal et mes gars ont le sentiment d’avoir de nouveaux jouets sous les pieds. Il faut par contre tenir compte de l’entretien lorsque vient le temps d’acheter de skis usagés, car une bonne mise au point peut coûter jusqu’à 30$ par paire de skis et c’est souvent une nécessité lorsqu’on opte pour un ski qui a déjà un certain âge.

C’est donc avec l’excuse d’aller « essayer les nouveaux skis » que mes gars m’ont tordu un bras (si peu) et qu’on s’est tous retrouvé au centre de ski Saint-Bruno pour entamer la saison un 18 novembre, ce qui constitue un record pour la famille.

Il faut dire que la proximité de la station, qui est à moins de 15 minutes de la maison, a pesé pour beaucoup dans la décision et bien qu’à mes yeux le mont Saint-Bruno soit vraiment modeste et n’offre pas de véritables défis pour un skieur qui est le moindrement avancé, j’avais vraiment hâte de me dégourdir les jambes, sans pression, et à coût modique ( le billet de remonté était offert à 20$ pour le début de la saison). Se diriger vers la station du Mont Saint-Bruno offre le même attrait qu’une randonnée au Costco ou au centre commercial, puisqu’il faut traverser des quartiers résidentiels et que la faune du 450 est loin des images de montagnes alpines qui font rêver. Par contre, une fois qu’on franchit l’entrée principale, on découvre des installations de hauts calibres, avec un vaste stationnement, des indications claires vers le débarcadère et un chalet très moderne. Il faut le dire, ski Saint-Bruno est reconnu pour être la référence pour les débutants avec une offre impressionnante de leçons et des forfaits cours-billets-équipements qui attire un nombre impressionnant de jeunes adeptes de la glisse. On y trouve d’ailleurs la plus grande école de ski au Canada, comptant plus de 565 moniteurs et desservant plus de 30 000 élèves par saison, ce qui est , il faut le dire, assez impressionnant. Pour les parents qui voudraient faire découvrir le sport à leurs jeunes enfants, vous pouvez visitez le site web de la station au skisaintbruno.ca, où vous trouverez toutes les informations nécessaires dans un guide intitulé Guide du débutant, c’est clair et concis, comme tout bon guide web devrait l’être.

Bien sûr, l’offre de ski en ce début de saison est plutôt limitée puisque seulement quelques pistes sont ouvertes, mais il faut avouer que les conditions de neige sont, au dire de toute la famille, plus que satisfaisantes. La station est desservie par de nombreux canons à neige et on comprend rapidement que les équipes d’entretiens sont de véritables professionnelles, qui arrivent à maintenir une couche appréciable de neige dans un environnement presque urbain, sans négliger la qualité. J’avoue que j’ai souvent l’impression que les stations utilisent la neige artificielle  de façon abusive en début de saison et on se contente de faire une base glacée, la plus compacte possible, ce qui permet d’étendre la couverture et d’ouvrir plus de pistes, mais qui ne fournit pas une base de glisse agréable pour les usagers. Ici, c’est tout le contraire, on a droit à une petite poudre sur surface damée, ce qui est assez extraordinaire pour un 18 novembre, surtout quand on skie en admirant la ville de Montréal, qui vient découper le paysage du haut de la chaise principale, un quadruple débrayable rapide et très confortable, ce que Gabriel apprécie grandement. Il faut dire que le cadet de la famille commente l’embarquement à chaque fois qu’il emprunte une chaise, et qu’il a tôt fait de classer la remontée dans une liste imaginaire qui comporte deux colonnes, soit « j’aime » ou «  j’n’aime pas », ce qui peut avoir une forte incidence sur son appréciation d’une station.

Ski Saint-Bruno a donc passé le test au niveau des installations, et ce haut la main. Bien qu’on voudrait une meilleure dénivelée et des descentes un peu plus longues, toute la famille se satisfait de ces premiers moments de la saison sur la neige et Xavier s’efforce même de « tester » ces nouveaux skis en cherchant les bosses qui lui permettent de s’envoler, modestement, et de tenter quelques 180 degrés bien sentis, comme dans tous ces vidéos YouTube qui ont nourri sa passion au cours des derniers mois et qui lui font rêver aux Rocheuses ou aux Alpes. On se contente de ce qu’on a sous la main et c’est sans gêne que je recommande cette station quand on a envie de se délier les muscles ou qu’il est temps d’initier les petits au plus beau sport du monde.

Votre auteur,
Marc G Carbonneau, journaliste pour Skipresse