Je sais, je me répète chaque fois que je passe à Owl’s Head: c’est comme revenir à la maison, un retour à la montagne où j’ai eu la joie et le privilège d’être patrouilleur dans le passé. En cette saison 2018-2019, ce retour aux sources est épicé d’une grande curiosité puisque que la montagne vient de changer de propriétaire. Les nouveaux proprios ont investi plus de 20 millions en moins d’un an, et ça paraît.

Quand j’ai dit à mes enfants que la montagne était rachetée et qu’il y aurait beaucoup d’investissements, ma fille Florence a eu une réaction que j’ai entendue de plusieurs habitués depuis l’annonce : “Oh! J’espère qu’ils ne vont pas trop la changer! On l’aime notre vieille montagne!” Alors que le revêtement extérieur n’est pas fini et que les matériaux de construction ne sont pas tous rangés, après cette première visite je peux rassurer Florence et autres puristes de notre vieille tête de hibou. La légendaire ambiance familiale, cette impression d’arriver dans le chalet d’amis est quand même respectée. Pas de clinquant, pas de musique tonitruante, notre belle montagne dans une belle nature reste la même. Mais les investissements récents paraissent! Le degré de confort ne se compare pas avec le chalet des dernières années.

Les casiers nombreux et spacieux, la cuisine rutilante, les toilettes, les terrasses extérieures, la boutique, la shop de location, tout le chalet est exemplaire, c’est très réussi. Et que dire du bar! Immense, confortable, moderne, mais chaleureux, son nouvel emplacement donne une belle vue sur la montagne. Évidemment, le vieux bar avait son cachet, il va nous manquer, mais il nous reste nos souvenirs, et des photos plus ou moins compromettantes qu’on ressortira pour les nouveaux, après quelques bières dans le nouveau bar, pour leur montrer qu’on fait partie de la légende d’Owl’s Head.

Ceci étant dit, ce qui fait le charme de cette montagne ce n’est pas juste le chalet. La vue à Owl’s Head, vraiment, peu importe les proprios, on vient ici pour de belles pistes variées avec une vue spectaculaire.

En ce début de saison inégal en Estrie, la route entre Montréal et les cantons de l’Est est dénuée de neige, mais heureusement il fait froid. Les panaches de neige artificielle en production ornent tous les sommets des stations du coin. Aux abords de la route, en arrivant au canton de Shefford, le sol est au moins blanc, même si le couvert est mince.

À la montagne, 11 des 50 pistes sont ouvertes. Je suis impressionné par les nouveaux canons à neige qui crachent à plein régime sous la chaise principale. Ils sont en train de couvrir la Kamikaze, nous passons donc tout prêt, et pourtant ils font à peine le bruit d’un gros climatiseur, je ne me rappelle pas avoir vu/entendu des canons si silencieux, un autre endroit où les récents investissements paraissent.

Le domaine skiable est donc restreint aujourd’hui, mais ça n’empêche pas de profiter de la vue et de passer une très belle journée de ski. J’ai l’intention de revenir quand ce sera ouvert à 100%, j’emmènerai ma fille Florence  et je vous dirai ce qu’elle en pense. Je prédis également une visite au premier Hoot de cette nouvelle ère, au printemps; avec ces terrasses et ce bar, ce sera génial.