Prévoir l’imprévisible, cela caractérise bien l’état d’esprit que j’avais afin de planifier ma semaine de ski. Malgré toute la technologie que nous possédons, prétendre pouvoir déjouer dame nature et les dieux du ski c’est impossible.  J’avais ciblé le mont Saint-Anne car les prévisions étaient une chute de neige d’environ 30 cm. J’ai donc fait un petit garçon de moi-même et j’ai rêvé toute la nuit d’une belle poudreuse comme cadeau de fin de saison. Dans le village de Beaupré, les dieux étaient déchaînés et il mouillait en 45. En regardant le site de la station, 7 cm avaient déferlé sur les pistes. Rien pour écrire à sa mère mais on va le prendre. En arrivant aux guichets,  on nous informe que le versant nord a reçu de la poudre. Je l’attaque donc avec joie.  Avertissement pour les photos, j’aurais bien aimé avoir plus de photos avec des skieurs, mais régulièrement j’étais seul dans les pistes à mon grand plaisir.

Je réalise rapidement que mon choix de ski n’est pas le bon. Il faut les powder ski. Une neige lourde et profonde qui rend les virages assez difficiles. J’ai pas le choix que de retourner à la voiture pour changer le tout et sortir les monstres.

La descente via l’express est rock an roll compte tenu de la neige et de la visibilité.

Une fois les monstres en main, je suis prêt pour le 2 round. J’attaque la Quanik et la Première Neige. Je suis passé à un niveau supérieur. Je flotte maintenant sur cette poudreuse mouillée.

Je tente une expérience au versant sud dans la Super S. J’avais été informé qu’elle n’avait pas été travaillée. Ouffff, j’ai travailler fort. Un mélange de grosses bosses ni trop dures ni trop molles avec de la poudreuse mouillée.

La seul désagrément de la journée c’est qu’il y a seulement la gondole ouverte au sud. Nous devons toujours redescendre toute la montagne. Je reviens donc au versant nord. Je refais la Quanik et la Première car elles sont toujours en superbes conditions.  Je tente ma chance dans la Soumande.  Il y a pas mal de neige molle et profonde et j’ai un peu de misère dans les virages.

J’explore la crête pour réaliser rapidement que toutes les pistes sont fermées et qu’il n’y a que la Crête et la Beauregard. Les conditions sont pas évidentes compte tenu de la visibilité. Il faut faire de petit virage mais la neige est bonne.

J’avais donc exploré tous les versants de la montagne et il était clair que le nord était le meilleur choix. J’ai donc passé le reste de la matinée à skier la poudre blanche du nord.  Je vais explorer la Belanger et la Melanie Turgeon. La glisse est plus technique compte tenu des amoncellements de neige mouillée et les traces des autres skieurs.  Oublié les conditions printanières, c’est du gros ski d’hiver.

Je tente une incursion dans les sous-bois. C’est technique car la neige est profonde et lourde mais quel plaisir de skier un 8 avril dans de telles conditions.

Le fait de passer du Nord au Sud, de la pluie à la neige, j’étais complètement mouillé et j’avais faim.  J’emprunte donc le gros Vallon pour aller rejoindre la voiture. Les conditions sont assez difficiles et cela me convainc que mes jambes sont fatiguées.

Une fois au chaud dans la voiture, je prends la décision de quitter vers mon camp de base. Ce fut une journée de fou sur la montagne et des conditions incroyables pour un 8 avril. Le mont Sainte-Anne est donc une excellente destination pour vos prochains jours de ski.

Bon ski à tous.