Alors que s’amorcerait la saison 2020 sur route au Québec, la pandémie de COVID-19 vient mettre un frein aux efforts des centaines d’organisateurs d’événements, bénévoles, entraîneurs et, bien entendu, les cyclistes. Camps écourtés pour certains, restructuration pour d’autres, il va sans dire que la situation actuelle génère de l’inquiétude et de l’incertitude dans le peloton. Aurons-nous une saison? Alors que Vélo Québec reporte ses événements à 2021, le peloton se croise les doigts pour avoir même un brin de saison, même si c’est pour arriver tardivement.

C’est dans ce contexte somme toute inhabituel que nos clubs et nos équipes locales se réinventent afin de garder le momentum acquis au cours de la saison morte. En jetant un regard sur ma situation en tant que paracycliste, je me suis demandé comment les autres s’en sortaient également. Nombreux clubs et équipes ont accepté de partager leur réalité.

Le portrait qui en ressort est que les clubs et équipes se réinventent; entrainement sur les plateformes de vélo virtuel, appels hebdomadaires pour garder contact, se lancer des défis, inviter davantage la communauté à se joindre à eux, mais malgré tout continuer d’offrir aux commanditaires autant sinon plus de visibilité qu’en saison de course. Le monde du cyclisme au Québec est une petite famille dont chaque membre met l’épaule à la roue.

 

CLUBS

                         
                         
                         

Sans surprise, de nombreux clubs dont Cyclo-Brois-Francs, Vélo-Plaisir et Les Cyclopétards, ont mis leurs activités sur pause, le temps de suivre les recommandations du Ministère de la Santé. Certains clubs acceptent de reporter les inscriptions 2020 à la saison 2021. Du côté de CCHR (Club Cycliste du Haut Richelieu), qui existe depuis 33 ans, la grande majorité de leurs parcours sont aux États-Unis; ils doivent donc repenser leurs parcours et leur sortie défi, qui est la sortie objectif à chaque fin de saison. Leurs inscriptions pour 2020 sont stables, les gens n’osant pas s’inscrire. Une grande partie des membres se retrouve sur la plateforme de vélo virtuel Zwift. Les inscriptions sont un défi pour chaque club, puisqu’il s’agit souvent de leur principale source de revenus.

 

ÉQUIPES

 

Espoirs Laval Primeau Vélo

Ce club de développement depuis 1968, met sur pied de nouvelles initiatives pour ses membres et ses coureurs en offrant des entrainements sur Zwift, tout en permettant à tout ce beau monde de se voir via la plateforme Zoom. Lors des Mardis en direct, l’ancienne membre du club Camille Primeau s’entretiens avec les athlètes juniors. Les plus jeunes sont également mis au défi par les entraîneurs lors des Défis du jeudi. On se met au défi!

 

 

Dynamiks de Contrecoeur

Autre club de développement qui a plus de 40 ans d’histoire, les Dynamiks de Contrecoeur s’assurent de pouvoir continuer à offrir des services aux plus jeunes. Certaines catégories étant plus difficiles à recruter, les Dynamiks ont cependant plusieurs coureurs et coureuses junior envers qui les plus jeunes peuvent s’identifier. En plus de cliniques virtuelles théoriques de techniques, même de stratégie de course, il y a également des ateliers de spinning et de musculation supervisées, à raison de deux séances par semaine. Les membres des Dynamiks se retrouvent également sur la plateforme Zwift.

 

Logica Sport Cycling Team

Équipe féminine créé en 2017 par un regroupement de cyclistes, l’équipe Logica poursuit sa préparation en mode virtuel. Chaque semaine, une visioconférence est organisée afin de garder contact et prendre des nouvelles. En raison que plusieurs membres de l’équipe sont actuellement sur la première ligne en raison de leur profession, l’entraînement pour certaines a été mis de côté temporairement. D’autres, au contraire, s’entraînent de manière un peu plus assidue. En l’absence de contenu de course, Logica est une équipe de course qui se réinvente mais qui continue malgré tout à offrir autant que possible une certaine visibilité à ses commanditaires par le biais de ses publications, m’explique Geneviève Coulloudon, l’une des instigatrices du projet.

 

Cannondale-Échelon

Depuis dix ans, l’équipe Cannondale -Échelon (anciennement l’équipe ABC Cycles & Sports, du même nom que la boutique de la rue du Parc en activité de 1932 à 2018) regroupe une dizaine de coureurs maîtres qui prenaient part à des Gran Fondo, puis éventuellement des courses. En raison de la pandémie et des mesures de distanciation, Cannondale-Échelon a fait le choix de garder ses coureurs à l’intérieur durant les premières semaines de mesures de distanciation. Les intervalles peuvent facilement se faire à l’intérieur et l’extérieur est mieux pour récupérer, m’explique alors Alain Cadorette. Un grand défi demeure l’exposition des commanditaires en temps de confinement, la majorité des coureurs sont sur Zwift. Ces courses offrent un niveau d’entrainement satisfaisant, malgré que l’arrivée de plusieurs centaines de nouvelles personnes sur la plateforme relève davantage le niveau.

Nouveauté cette année, Cannondale-Échelon a une division senior. Les coureurs plus anciens sont habitués de rouler à l’année, mais les nouveaux sont “crinqués” de commencer. De se faire des meetups sur Zwift, on espère que ça les garde motivés de rouler à l’intérieur! Maintenant que nous pouvons envisager un léger relâchement des mesures, les sorties de groupes sont toujours proscrites, mais les coureurs peuvent à nouveau arborer les couleurs de leur équipe, afficher leurs commanditaire et poster leurs sorties sur Strava.

 

Québécor-Stingray

Autre équipe féminine du Québec, l’équipe Québécor-Stingray a vu le jour en 2018 en regroupant plusieurs coureuses qui formaient une belle cohorte chez les cadettes et qui désiraient avoir une équipe afin de poursuivre leur cheminement. L’idée de départ était de monter un projet d’équipe qui perdurerait plus que 2-3 ans, ce qui arrive parfois chez certaines équipes. Ayant réussi à réunir quelques commanditaires, l’entraineur Yannick Bédard et son équipe ont du revoir leur préparation pour la saison 2020; ils étaient d’ailleurs à la fin de leur camp préparatoire lorsque les premières mesures de distanciation ont été annoncées et que les frontières ont commencé à fermer. Comme bien d’autres organisations, l’équipe est en attente des développements selon les recommandations du Ministère de la Santé. Néanmoins, l’équipe a su rapidement se structurer durant la crise, en continuant d’offrir des entrainements aux membres via le cyclisme virtuel, des séances de musculation supervisées ainsi que des rencontres d’équipe régulières afin de garder contact. L’objectif de Québécor-Stingray, c’est qu’il y ait des courses ou non, il ne faut pas mettre de côté les acquis et s’assurer de maintenir la forme autant que possible, même en l’absence d’objectif à court terme. Pour garder la forme, les membres de Québécor-Stingray organisent des courses entre elles ainsi que des entrainements spécifiques. Bien que le rouleau et la base stationnaire soient privilégiés pour les intervalles, il est toujours possible de rouler à l’extérieur en solo en usant davantage de prudence.

 

 

Macogep-Tornatech-Specialized

Créé en 2006 par Gérard Penarroya, l’équipe UCI haute performance a pu compter dans ses rangs de nombreuses cyclistes de renom telles que Clara Hugues et Tara Whitten. En février, les filles avaient bien performé à Dubaï. Ensuite, tout le monde est rentré à la maison. Il y avait deux grosses courses prévues aux États-Unis en avril, mais là les filles roulent à l’intérieur. L’important en ce moment est de rester en contact régulièrement, communiquer. Il y a certainement une visibilité offerte aux commanditaires sur les réseaux sociaux, ça leur offre du rayonnement, un élément crucial! “Ce n’est pas parce qu’il y a un problème qu’il faut baisser les bras”, me dit Gérard. Il a absolument raison! Pour garder la forme, les filles de Macogep-Tornatech-Specialized marchent beaucoup, à raison de 60-90 minutes par jour. Certaines, comme Olivia, sont actives sur la plateforme Zwift.

     Cette jeune équipe a vu le jour à l’hiver 2018, une initiative d’Élise Piédalue, coureuse junior qui passait au rang senior et qui désirait avoir une équipe, puisqu’il n’y en n’avait pas dans sa catégorie. Après avoir été approchée par un partenaire, elle s’est lancée dans le projet à raison de 20-25h de travail par semaine. L’objectif premier de l’équipe est de promouvoir le cyclisme féminin par la compétition mais aussi des activités concrètes (parrainage, conférences dans les écoles, etc.) Comme tous les clubs et équipes, la situation actuelle n’est pas facile; modification du calendrier de compétitions, chamboulement de programmes d’entraînements, annulations d’événements… C’est difficile de gérer ce qui a été promis aux athlètes lors de la signature des contrats et offrir aux commanditaires la visibilité qui leur revient.
     Néanmoins, les athlètes d’ÉCF vivent quand même bien avec la situation en se lançant des défis sur Zwift, en organisant des meetups et en restant continuellement en communication. D’une certaine manière manière, ce n’est pas tellement différent de la saison hivernale, où les coureuses s’entraînement individuellement chacune de leur côté. L’obstacle principal demeure ne pas pouvoir s’afficher publiquement, ne pas pouvoir tenir d’entraînements de groupe. Le monde virtuel vient un peu combler ce manque et les filles d’ÉCF l’utilisent à leur avantage; meetups Zwift ouverts au grand public, ce qui permet à l’équipe d’avoir un contact élargi avec la communauté, les défis du dimanche, partage de fichiers d’entrainement, tirages et des idées “funky” La table est mise pour passer au travers de la situation en essayant de minimiser les désavantages. Personne ne sait à quel moment les activités vont reprendre, mais en attendant, un calendrier parallèle est en place avec des courses virtuelles au menu, ce qui inclu les compte-rendu de course (race reports).

RETOUR EN IMAGES:

Petit «flashback» souvenir des photos prises des différents clubs cyclistes au cour des événements cyclistes de la saison 2019 👉

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Références:

Vélo Québec

FQSC