Bonjour pluvieux, mais bonjour heureux!

En cette troisième journée de ski à la merveilleuse station Les Menuires, notre plan est d’élargir nos horizons et d’explorer l’ensemble des 3 Vallées jusqu’au village de Courchevel (1550 mètres) afin de développer une certaine compréhension globale de l’immensité du domaine et aussi des particularités de chaque village.

Rappelons-nous que les stations restent des stations indépendantes, quoique très complémentaires, et chaque village a son histoire et son tissu social à lui. De là l’intérêt de mieux comprendre ce qu’il en est.

D’emblée nous ne vous ferons pas de cachette : il fait un temps exécrable. Il pleut comme en été à La Croisette et la transition neige-pluie se trouve à 2500 mètres… De l’avis de tous, cette journée est vraiment exceptionnelle, surtout pour cette période de l’année. Mais bon, notre présence dans les 3 Vallées est toute aussi exceptionnelle et en temps normal, nous aurions peut-être remis notre tournée à demain, mais pas aujourd’hui.

C’est dans un élan de courage que nous sommes allés à la rencontre de notre guide de l’ESF, Denis Daguet, qui nous attendait à l’heure prévue devant le local sur La Croisette. Certes il pleut (et fort…) mais ce sera quand même très agréable de profiter de sa compagnie et de ses connaissances pour explorer le plus grand domaine skiable du monde. C’est le temps des imperméables nous avons tout ce qu’il faut dans les valises pour affronter cette météo. On a déjà vu pire comme vous le savez bien.

Les 3 Vallées sont plus ou moins orientées face vers le nord-ouest, dos plus ou moins à la Méditerranée, et les vallées sont alignées plus ou moins dans l’axe nord-sud, une à côté de l’autre. La plus à l’est est la Vallée de Courchevel, celle du centre est la Vallée de Méribel et la plus à l’ouest est la Vallée des Belleville où nous nous trouvons depuis le début de la semaine (Les Menuires, Saint-Martin et Val Thorens).

Écoutant que notre courage, nous partons tous les trois amorcer la tournée que Denis nous a concoctée en montant directement au sommet via les remontées Roc 1 et Roc 2. Cette fois-ci c’est bon et nous débordons vers la Vallée de Méribel via une belle rouge, la Mouflon suivie de la Sittelles, pour de rendre à Méribel Mottaret (1750 mètres), un des cinq villages de la Vallée de Méribel.

De là nous remontons vite vers l’autre côté de la vallée par les gondoles Pas du Lac 1 et 2 pour revenir vers Méribel Centre (1450 mètres) où on voit entre autres un altiport où les avions peuvent atterrir en montagne et un terrain de golf pour l’été. Quand je vous disais qu’il n’y a pas que du ski à faire ici.

La visibilité n’est pas top (mais nous commençons vraiment à bien se débrouiller dans ces conditions près une semaine) et une chance que notre guide est là pour nous amener aux bons endroits. C’est maintenant vers le Col de la Loze qu’on basculera vers la dernière, la Vallée de Courchevel.

Dans la Vallée de Méribel nous aurions aussi pu descendre plus bas, jusqu’à Brides Les Bains (600 mètres) en passant par Les Allues (1100 mètres), mais nous y repasserons sur le retour. Méribel Centre (1 450 mètres) porte bien son nom : c’est bien de le centre des activités des 3 Vallées.

Arrivés dans la Vallée de Courchevel, nous comprenons que c’est la partie la plus chic du domaine. L’endroit prisé des vedettes de cinémas et des milliardaires notables est rempli de demeures somptueuses, apparemment souvent inhabitées, et de boutiques comme Dior, Lacoste ou autre. L’allure de la place centrale de Courchevel (1850 mètres) respire l’opulence et le jet set. Dans cette vallée on retrouve aussi un autre altiport qui peut accueillir des avions assez gros de plusieurs passagers.

Question de se faire une bonne idée de l’endroit et de voir les maisons cossues, nous sommes montés tout en haut du Mont Saulire (2740 mètres) d’où on peut voir l’altiport, sa tour de contrôle ainsi que les pistes du dernier secteur, le secteur Courchevel-Moriond (1650 mètres). Dans ce secteur le défi ski est moins grand mais tout de même bien agréable. Les pistes sont douces et larges et permettent de descendre rapidement tout à pouvant admirer le paysage et le chic de l’endroit. Avec le soleil ce doit être magnifique.

Sur le retour nous aurions pu descendre jusqu’à Courchevel-Le Praz (1300 mètres) mais c’est un cul de sac duquel il aurait fallu revenir. La pluie est assez intense et disons-le, nous commençons à être vraiment détrempés…. mais avec le large sourire. De vrais enfants!

Nous restons donc alignés vers le retour pour aller prendre la remontée qui nous permettra de revenir sur Méribel via le Col de la Loze, jusqu’à Méribel-Centre où nous sommes passés quelques heures plus tôt.

Ce secteur est le site d’arrivée de la piste de descente femmes et de la future piste de descente homme des Championnats du Monde prévus pour 2022. Chaque championne de cette descente femme de Coupe du Monde a droit à une chaise à son nom dans la remontée Legends. On cherche des noms connus comme Lindsey Vonn… Ensuite Tougnete 1 et 2 nous ramènent en sécurité sur la Vallée des Belleville, tout juste en haut de la chaise Saint-Martin Express que nous avions prise plus tôt cette semaine lors de notre exploration.

Durant notre belle escapade avec Denis les conditions ont continué de se détériorer et le vent s’est levé au sommet. Partout on déconseille aux gens de transférer d’une vallée à l’autre. Le risque est évidemment de rester pris du mauvais côté et de devoir revenir à son hôtel en taxi à grands frais. Mais tout s’est bien déroulé de notre côté et nous voilà revenus près du point de départ avec un trajet de près de 40 km et une dénivelée de près de 8000 mètres. Quand même, c’est plus que ce qu’on peut faire au Québec.

Comme nous avons une réservation dans un beau et récent restaurant en montagne,  L’Antigel (le nom est de circonstance…) qui se trouve à l’autre extrémité de la station Les Menuires, nous décidons de remonter un peu plus haut avec la montée Granges pour descendre la belle piste rouge Allemands en suivant Roc 2 vers le sommet de Roc 1 pour passer de nouveau à côté du Roc Seven (beaucoup plus tranquille que vendredi avec la pluie d’aujourd’hui) pour dévaler une piste interminable qui nous offre des conditions printanières parfaites dans une visibilité plus acceptable avec la neige mouillée plus contrastée.

On descend comme ça jusqu’à la base de la gondole Bruyère 1 qui nous amène directement en face de L’Antigel.

C’est bien mérité et là, on est mouillé! Les mains surtout, mais tellement heureux de notre périple qui nous aurait été impossible sans l’aide de Denis, notre cher guide patient et plein d’informations à nous communiquer. Merci encore, c’était un réel plaisir de skier ensemble.

Les plats de L’Antigel sont abordables et excellents. Le plat du jour d’agneau qu’on nous sert n’a pas son pareil dans les stations de notre coin. L’industrie n’est pas alignée de même façon en Amérique du Nord. Ici on peut manger les spécialités d’un chef en piste. C’est incroyable et tellement agréable.

Denis et moi avons eu un dernier élan de courage après le lunch pour faire deux autres descentes sous la pluie et vers 15:45 nous sommes rentrés avec le sentiment d’avoir bien profité de notre journée, le sourire bien pendu au visage. Mais quelle escapade!

L’endroit ne cesse de nous faire des surprises et plus les journées passent, plus nous sommes heureux d’y être venus. C’est tellement vaste et varié qu’il faut y passer plusieurs jours pour apprécier l’intégration de tous les aspects des 3 Vallées.

Bon ski, et revenez-nous demain pour notre journée de départ de la station Les Menuires et ensuite, peut-être d’autres étapes européennes.

 

Héléne Racine et Philippe Laporte

Reporters – Ski Média