Les avalanches survenues au Népal ces deux dernières années, et les nombreux décès qu’elles ont entraînés, dont celui de la guide québécoise bien connue Sylvie Marois, rappellent qu’il s’agit là d’un terrible phénomène de la nature. Un phénomène encore trop souvent imprévisible.

Ces chutes massives de neige sont effroyables et fascinantes à la fois. Du moins pour un noyau de personnes sur la planète qui ont choisi de les étudier, comme François-Xavier Gagnon, originaire des Basses-Laurentides et installé en Colombie-Britannique depuis près de 20 ans.

Passionné de plein air en général, directeur des opérations d’Alta Expéditions (entreprise associée au Québec aux voyages à vélo « Sur la route »), Gagnon a déjà vécu en compagnie de deux copains une aventure de six semaines en ski-alpinisme en Argentine et au Chili, afin de dévaler les pentes du plus grand nombre de volcans possible.

Il connaissait Sylvie Marois.

«Nous avons travaillé ensemble quand j’étais adolescent dans un magasin de plein air, dit-il. Et je venais de lui parler juste avant qu’elle parte pour son voyage au Népal. Elle avait tellement hâte. Sylvie était une passionnée.»

François-Xavier Gagnon est aujourd’hui un spécialiste canadien des avalanches. Il est membre du Canadian Avalanche Association of Canada, est technicien professionnel en sécurité en avalanche et instructeur accrédité pour les formations de sécurité en avalanche, en plus d’agir comme officier pour l’Équipe de recherche et sauvetage de la région de Vancouver. À l’origine skieur et alpiniste, il s’est intéressé à ces incidents parfois meurtriers afin de pratiquer sa discipline en réduisant les dangers encourus.

Puisque de très nombreux Québécois partent en voyages d’aventure dans des zones à risque ou en séjours de ski dans les Rocheuses ou les Alpes, tous devraient consacrer du temps à obtenir un minimum d’éducation sur ce phénomène.

« Ces masses peuvent parfois s’avérer prévisibles, mais même les meilleurs se font prendre au piège », note Gagnon qui incite à une plus grande sensibilisation.

« Une avalanche peut créer une panique, ça dépend toujours où tu te situes par rapport à elle. Même pour des experts comme moi, c’est magnifique et terrifiant à la fois. Personne ne peut badiner avec les grandes forces de la nature… »

Alors, comment être le plus sécuritaire possible dans les endroits potentiellement à risque?

«Il faut TOUJOURS avoir l’équipement minimal avec soi, recommande Gagnon. On doit transporter une pelle, une sonde et un ARVA (appareil de recherche de victimes d’avalanche).

« Encore là, ajoute-t-il, il faut savoir comment utiliser tout ça et la marche à suivre pour entreprendre le sauvetage d’un compagnon qui serait éventuellement coincé dans une coulée. »

La fébrilité, voire l’excitation des vacances en montagne nous incite parfois à banaliser les précautions à prendre. Mais, ces choses-là n’arrivent pas qu’aux autres…

« Je crois qu’il est essentiel de s’informer des conditions de neige et de bien prendre le temps de consulter les plus récentes infos des centres d’avalanche des régions où vous prévoyez vous rendre. »

François-Xavier Gagnon recommande également de s’inscrire au préalable à un cours d’introduction à la sécurité en milieu d’avalanche.

«Lors de mes formations, j’accorde beaucoup d’importance à la compréhension du phénomène et aux facteurs de déclenchement, souligne Gagnon. Il faut en venir à reconnaître les zones à risque et connaître les étapes nécessaires pour planifier et mener à terme une sortie en montagne; il faut également pratiquer les techniques de déplacement appropriées en terrain avalancheux.»

Gagnon indique qu’il y a des aspects importants à prendre en considération lorsqu’on se retrouve en montagne.

« Les changements météo brusques incluant de grands vents, des précipitations importantes et/ou un réchauffement de la neige représentent un signal. Il faut garder un œil sur les signes d’instabilité comme des fissures dans la neige, des sons creux sous le manteau neigeux. »

Évidemment, si des coulées sont survenues dans les alentours, nous avons là un indice dont il faut prendre bonne note.

L’angle des pentes où se produisent les avalanches atteint les 30 à 45 degrés et les points de déclenchement se situent bien souvent au niveau des convexités, c’est-à-dire les zones de tension.

Soulignons qu’il est faux de croire que les sommets québécois ne sont pas propices à de tels incidents. On retrouve des secteurs précaires dans cette fabuleuse chaîne que sont les Chic-Chocs, notamment. D’ailleurs, c’est en Gaspésie que s’est installé l’organisme Avalanche Québec.

Enfin, puisqu’il est établi dans l’Ouest canadien depuis une vingtaine d’années, nous avons demandé à François-Xavier Gagnon d’identifier le centre de ski dont il conserve d’excellents souvenirs et qui serait à ses yeux le plus sous-estimé au Québec (aucun lien ici avec les avalanches).

« Assurément, c’est le mont Comi, situé entre Rimouski et Mont-Joli. Avec ses érablières, c’est super beau. Tout skieur de la Belle province devrait un jour aller là. »

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