Quand on me demande quel est ma montagne coup de coeur au Québec, je réponds toujours sans hésiter : le mont Édouard. C’est donc avec regrets que cette semaine j’ai réalisé que la saison tirait déjà à sa fin et que je n’avais pas visité cette montagne une seule fois de la saison. Comme la vie est bien faite, il est tombé plus de 40 cm cette semaine à l’anse St-Jean. C’est donc une occasion à ne pas rater, mieux vaut tard que jamais, Direction : mont Édouard !

Il faut savoir que la montagne est située à plus de 3 heures de chez moi alors pour m’assurer de profiter de la journée au maximum, j’ai quitté Québec vers 5h30 ce matin. C’est un peu exagéré pour une journée de ski au mois d’avril, mais lorsqu’il y a ce genre de précipitation on oublie vite le calendrier. De plus, le lever du soleil sur le St-Laurent m’a fait oublier à lui seul le son du cadran.

Après avoir embarqué ma soeur au passage, nous sommes arrivés à la station vers 8h45 soit juste à temps pour l’ouverture de 9h. On réalise alors qu’il y a encore un 5-10 cm de neige ultra légère qui c’est ajouté la nuit dernière. Ce qui est surprenant au mont Édouard, c’est le vibe relax qui semble règner partout. Les pentes sont pleines de firsts tracks à aller chercher et personne ne semble s’y précipiter. Nous débutons donc la journée avec une descente dans la piste numéro 1: la béluga. La descente est à nous, aucune trace et de la neige assez légère pour en faire rêver plusieurs. Nous complétons cette descente avec l’ouverture de la vallée des bouleaux. Encore une fois, aucune trace. Du pur plaisir.

 

Après quelques descentes alternant sous-bois et pistes damées, nous nous rendons bien compte que la légèreté de la neige fraichement tombée joue contre nous. Elle se déplace facilement et laisse place à un fond beaucoup plus dur. Nous enchainons donc quelques pistes damées qui sont dignes des plus belles journées d’hiver.

Après avoir diné pour un prix plus que raisonnable, nous préparons nos sacs à dos afin d’aller explorer la zone hors-pistes. C’est une première expérience dans ce secteur tant pour ma soeur que pour moi. Ne sachant donc pas trop à quoi nous attendre nous optons pour ajuster nos objectifs en fonction du temps qui nous sera nécessaire pour atteindre le sommet du premier secteur: Le sacré coeur.

Nous arrivons en 30 minutes à l’intersection qui donne le choix entre le sommet de ce premier secteur et le sommet du deuxième secteur: la vallée des géants. L’horloge et la carte nous confirment que nous avons le temps d’enchainer une descente dans chacun de ces secteurs, nous nous dirigeons donc vers le secteur de la vallée. À partir d’ici le sentier est relativement plat donc nous nous retrouvons assez vite au refuge des géants. À cet endroit, nous avons rencontré un skieur et une skieuse qui nous ont donné quelques conseils afin de profiter au maximum de la descente. Au final nous avons partagé la descente au complet avec eux et nous leur sommes très reconnaissants de nous avoir fait part de leurs trucs, car la descente en valait vraiment la peine. Rien à voir avec les sous-bois de la station. Ici il n’y a presque pas de trace et même en prenant quelques sauts, impossible de toucher le fond. Wow.

Nous réinstallons donc les peaux de phoques et entamons l’ascension qui nous ramènera au sommet du secteur du sacré coeur. Puisque tout le monde doit forcément passer par ce secteur pour regagner les pentes de la station, nos attentes sont plutôt faibles. On est dimanche après-midi et il serait normal que ce soit bien tracé. Arrivés au secteur, nous rencontrons un skieur dénommé Alexandre qui partage notre surprise : il n’y a seulement que quelques traces et plusieurs belles lignes sont encore à skier. Nous partageons donc encore une fois la descente avec un skieur rencontré sur place. La descente est un peu moins intéressante que le secteur des géants, mais la qualité de neige est incroyable.

On m’aurait dit que je skierais une journée de poudreuse comme celle-ci au mois d’avril, je n’y aurais jamais cru. Ce qui est bien avec une journée de poudreuse tardive comme celle-là, c’est qu’on à pas a ce soucier d’avoir froid et ça, c’est franchement agréable quand on doit enlever et installer les peaux de phoques à répétition. En fait, j’ai encore le visage qui chauffe à cause du soleil au moment d’écrire ces lignes.

Cette journée n’a fait que confirmer mon coup de coeur déjà bien installé pour cette montagne. Les gens rencontrés ont aussi permis à cette journée de se hisser au palmarès de mes sorties de ski de cette saison !