Le moment que toute la famille anticipe depuis près d’une heure est sur le point de survenir. Par la fenêtre arrière de notre VUS familiale, Gabou, 9 ans, aperçoit enfin les lignes sinueuses de la montagne qui découpe le paysage jusque-là monotone de la région. «  La montagne » s’exclame-t-il d’une voix enjouée, sortant par le fait son frère Xavier (12 ans) d’une torpeur préadolescente, infusée au iPad. Un « Whoa » retentit dans l’habitacle et je dois avouer que, de mon poste de pilotage, j’esquisse un sourire en me penchant au-dessus du volant pour apercevoir le sommet enneigé de la montagne. Il faut avouer que la montagne de Bromont se découpe avec aplomb et le nombre de pistes qu’on peut voir à l’approche de la station lui confère une aura de respectabilité. 

On comprend vite que le village de Bromont vibre au diapason de la station de ski, avec, sur le chemin menant de l’autoroute à la station, une multitude de restaurants, boutiques de ski et même deux épiceries grandes surfaces pour les provisions de dernières minutes… ce qui peut être très pratique pour les familles. La station offre plusieurs sites de stationnement, mais, suite aux recommandations des habitués, nous choisissons de nous diriger vers le chalet secondaire de la station, situé au P5 et portant le nom de versant du lac ( très bien indiqué sur les panneaux de signalisation ). Le stationnement P5 est spacieux, très bien aménagé sur différents plateaux et un débarcadère vous permettra de déposer les enfants et l’équipement tout près des pistes, sans soucis pour leur sécurité. 

Les familles savent très bien qu’une journée de ski commence bien avant de dévaler les pentes et, souvent, le pire moment de la journée se situe entre la sortie de la voiture et l’embarquement dans le télésiège. Charrier l’équipement, trouver une place pour s’assoir, déshabiller les petits, mettre les bottes, remettre les bottes parce que le bas est mal placé, rhabiller les petits, s’occuper des billets, mettre ses propres bottes, mais où est mon casque, qui veut des chauffe-mains et la sempiternelle « attendez-nous dehors » ponctuent la plupart des débuts de journée chez ceux et celles qui s’aventurent à la station de ski dans l’espoir de passer un bon moment ! Au moins, Bromont rend l’expérience un peu plus facile que dans la plupart des stations. Le chalet, dit secondaire, de la station, ferait l’envie de plusieurs stations de la province. Il s’agit d’une construction plutôt récente où l’on retrouve deux guichets pour les billets, une cafétéria et de nombreuses tables de grandes dimensions ! C’est spacieux, propre et il y a beaucoup d’espaces de rangement, le bonheur pour les groupes ou les familles qui voyagent ensemble !

Il n’y a malheureusement pas de forfait familial pour un billet de journée à Bromont et les rabais sont plutôt rares si ce n’est que la prévente internet offerte sur le site de la station (qui offre un billet à 15% de rabais si l’achat est effectué plus de 24 heures avant la visite). La station focalise vraiment sur ses abonnements de saison et, à ce niveau, les offres sont agressives et diversifiées, ce qui explique pourquoi le nombre d’abonnées est le plus élevé parmi toutes les stations du Québec. Comme la plupart des stations modernes, Bromont offre désormais un billet à puce électronique, qu’on peut aisément glisser dans sa poche et qui nous évite la recherche du bout de zipper et le papier collant des anciens billets. D’ailleurs, il faudrait bien dire aux fabricants d’habits de neige pour enfants que le trou dans la glissière du zipper, celui qui pourrait nous servir à attacher le billet, n’est jamais assez grand au niveau des poches, ce qui nous oblige trop souvent à attacher le billet à des endroits incongrus et inconfortables pour les enfants. Mais bon, le manteau pour enfant est un sujet en soi et je l’aborderai dans une future chronique.

Il est maintenant temps d’affronter (enfin) les pistes. La remontée mécanique desservant le versant du lac étant une chaise quadruple débrayable, nous sommes au sommet en quelques minutes seulement. S’il y a un attrait non négligeable à Bromont, c’est bien la vue, le sommet offrant une vue à 360 degrés sur la magnifique région des Cantons-de-l’Est. La montagne, isolée, trône seul au milieu de plaines sirupeuses, le point de vue offert englobe des centaines de kilomètres de chaque côté et, pour nous skieurs, une vue imprenable sur les sommets de Sutton, Orford, Owl’s Head, Jay Peak et même sur les Appalaches du Vermont et de New York. Le choix de pistes à partir du sommet est nombreux et la circulation, bien que dense, se fait plutôt aisément. 

À chacune de nos sorties, notre famille se fait un devoir de commencer la journée par une piste « d’exploration », souvent une verte ou une bleue, mais surtout, la plus longue possible, question de bien se mettre en jambes et de tester les conditions de glisses. Bromont offre, depuis son sommet, de nombreuses options pour répondre à nos besoins et nous dévalons la Brome, la piste familiale par excellence de la station, qui contourne, à l’ouest de la montagne, le récif escarpé de ce qui fut jadis le cœur de la montagne. La neige, bien que les bordées furent plutôt timides en ce début de saison, est dense et on sent tout le travail effectué par l’équipe d’entretien de la station. La réputation de Bromont comme l’une des stations les mieux entretenues de la province n’est pas surfaite et la plupart des habitués vous le diront, il ne faut pas se fier au manteau blanc qui recouvre la vallée et les alentours, car l’enneigement artificiel fait ici des miracles et les machines sont sur les pistes deux fois par jour pour s’assurer que la couverture de neige est adéquate. Même les enfants sont étonnés pouvoir « carver » aussi facilement dans une neige granulée, alors qu’ils ne peuvent toujours pas se construire un fort digne de ce nom à la maison. 

L’offre de pistes est impressionnante (plus d’une centaine selon les responsables de la station) et, bien que le dénivelé reste timide, à moins de 300 mètres, chaque membre de la famille y trouvera son compte puisqu’ici, le mot clef est diversité. Les différents sommets accessibles offrent effectivement des pistes qui, lors d’une même descente, peuvent fournir un moment notable pour l’amateur de long virage qu’est mon Xavier et un brin d’excitation en sous-bois pour son jeune frère, tout en offrant des points de vue dignes d’une photo pour leur mère, qui est toujours à l’affut du « moment magique », elle qui carbure aux souvenirs cellulosés depuis toujours. 

Après plus de 10 descentes, nous nous payons un arrêt bien mérité pour diner. Digne de mention, le chalet principal est divisé en deux avec un service de style cafétéria et une section « bar », avec service aux tables. Nous optons pour cette option puisque les jeunes sont bienvenus et qu’ils se sentent privilégiés de pouvoir manger « avec les grands ». Comme dans la grande majorité des stations de ski, les prix demeurent un peu aigus et nous nous faisons, encore une fois, la remarque qu’un lunch préparé à l’avance serait définitivement plus avantageux, d’autant qu’il y a, ici, de nombreux espaces pour les groupes et les familles. Les familles sont nombreuses ici et elles se réunissent pour diner en se concoctant de véritables « pot luck » multifamiliaux.

Ce n’est qu’après le diner qu’un constat nous frappe, nous ne skierons aujourd’hui, qu’une infime partie de tout le domaine skiable, puisque l’offre de pistes dépasse largement nos capacités. On sent, vers 15 h 30, un vent de changement s’immiscer sur les pistes puisque le ski de soirée est sur le point de débuter et que les adolescents prennent d’assaut les pistes, skiant en groupe et parlant de plus en plus fort dans les télésièges. Pour nous, ce sera pour une prochaine fois puisque les jambes commencent définitivement à se raidir et que les jeunes skient avec les bras pendants, avec beaucoup moins d’entrain. On quitte donc la station, fiers d’avoir fait un nombre record de descentes, et sans encombre, nous nous retrouvons sur l’autoroute en direction de la maison. Étrangement, c’est beaucoup plus calme sur le siège arrière et j’avoue que, bien que j’aime beaucoup le rire et la vie que me procurent mes enfants, c’est un de mes moments favoris de ma semaine…

 

Marc G Carbonneau

productionskenya.com

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